Chloe est une artiste en techniques mixtes installée dans la campagne du Hampshire, au Royaume-Uni. Elle a collaboré avec Winsor & Newton sur plusieurs campagnes, notamment Revival Watercolours et la nouvelle gamme Artists’ Oil Colours. Elle utilise l’aquarelle, l’huile et l’acrylique pour peindre des « paysages imaginaires oniriques », puisant son inspiration dans la nature.

Quels carnets avez-vous réinterprétés ?
« The Art of Pen and Ink Drawing » et « The Sketcher’s Colour Manual – Watercolour Technique »
Comment avez-vous abordé ce projet unique ?
Comme certaines des couleurs historiques issues des archives n’existent plus dans la gamme contemporaine Winsor & Newton Galeria Acrylics — mon médium choisi pour cette commande — j’ai commencé par une phase de recherche.
Ma première étape a été d’échanger avec Stephanie Nebbia, artiste résidente et experte des archives chez Winsor & Newton, qui m’a suggéré des équivalents acryliques modernes pour des teintes telles que Rose Madder, Lake et Sepia.

Pour une nouvelle lecture de l’illustration féminine issue des archives, j’ai ressenti la liberté d’en proposer une vision contemporaine, à travers le regard d’une femme d’aujourd’hui. Chaque coup de pinceau est resté libre, spontané et expressif, en contraste avec le style plus formel et représentatif de l’œuvre d’origine.
L’art victorien s’attachait souvent à la narration, et dans ce cas précis, l’œuvre originale était particulièrement illustrative.
J’ai privilégié l’expression : explorer la féminité, la joie, et la physicalité du geste pictural. La terre rythmique est un mélange de Cadmium Orange Hue, Permanent Rose et Titanium White, avec une touche d’Ocre Jaune et de Cadmium Red Hue.
La nature y est amplifiée, rendue à travers des bleus plus intenses et audacieux, allant du Cobalt à l’Outremer et au Bleu de Prusse.

Pour la peinture des nuages, mon approche s’est davantage orientée vers une expérimentation chromatique, en testant les nuances suggérées par les archives.
J’ai travaillé à la fois avec les Galeria Acrylics et les Artists’ Oil Colours de Winsor & Newton, chacune apportant sa propre texture et intensité.
Le défi résidait dans l’interprétation de l’intention originale.

Concernant les combinaisons plus lumineuses — comme celles du Lake et du Little Red — je me suis demandé : l’objectif était-il de suggérer un coucher de soleil ?
Ou bien s’agissait-il d’évoquer la lumière orangée du ciel, selon la façon dont le soleil interagit avec les particules de l’atmosphère ? Les indications dans les archives restaient minimales, prescriptives : associer ces deux couleurs pour susciter une humeur particulière.
C’est cette piste que j’ai choisie d’explorer.

Une expérience rapide a même donné naissance à une forme évoquant un bloc à la Rothko, sur le papier. La manière dont les couches se sont fondues et repoussées a conféré à l’ensemble une profondeur subtile, une complexité spatiale silencieuse, où l’enjeu semblait moins être la représentation que la sensation.

