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Histoire de couleurs : le rouge de cadmium

La couleur rouge évoque le pouvoir, l’intensité et de grandes émotions, mais chaque nuance possède ses subtilités. Les peintures au cadmium offrent la plus vaste palette de teintes issues d’un groupe de pigments inorganiques, allant des jaunes pâles aux jaunes dorés, en passant par des oranges flamboyants, des écarlates éclatants et des bordeaux profonds. Le rouge de cadmium est une teinte forte, chaude et opaque, réputée pour son éclat et sa densité. Mais pour obtenir une telle intensité, il doit passer par un processus minutieux, allant de la matière première au pigment de haute qualité.

Qu’est-ce que le cadmium, et comment a-t-il été découvert ?

Le cadmium est un métal blanc argenté, relativement mou, avec un point de fusion légèrement supérieur à 700 degrés Celsius. Les composés du cadmium ont été découverts par le chimiste Friedrich Stromeyer en 1817 — une découverte relativement récente comparée aux pigments populaires — et ils sont utilisés pour produire de la couleur depuis cette époque.

Les peintures au cadmium sont devenues plus accessibles aux artistes après le lancement de leur production commerciale en Allemagne dans les années 1830. Winsor & Newton présentèrent le jaune de cadmium lors de l’exposition du Crystal Palace en 1851. À cette époque, ces pigments étaient très prisés pour leur permanence, leur éclat, leur opacité et leur capacité de mélange, bien qu’ils soient coûteux.

Du jaune au rouge

Stromeyer recommandait d’utiliser le sulfure de cadmium jaune vif dans les couleurs pour artistes, et ce n’est qu’après l’introduction du jaune de cadmium que le rouge de cadmium commença à apparaître. Les premiers rouges étaient obtenus en chauffant le jaune avec du sélénium, et en 1919 un brevet fut déposé pour la production du cadmium orange et du cadmium rouge.

La méthode consistait à mélanger des solutions de sels de cadmium avec des sulfures alcalins et alcalino-terreux, chauffant ensuite la collection solide de particules laissée en solution.

Un procédé soigneusement contrôlé

La production du rouge de cadmium moderne et performant est un processus coûteux et long. Elle doit utiliser uniquement les matières premières les plus pures afin d’obtenir la meilleure couleur possible. Transformer le métal de cadmium en pigment exploitable implique plusieurs réactions chimiques et procédures rigoureusement contrôlées, utilisant des ingrédients tels que des acides minéraux, des flocons de sulfure de sodium, de l’eau et du sélénium.

Lorsque le chauffage intervient vers la fin du processus, la qualité et la teinte du pigment final commencent à se former. Ce pigment est ensuite réduit en particules extrêmement fines. Ce broyage influence la manière dont le pigment interagit avec la lumière : par exemple, de très petites particules offrent une réflexion diffuse de qualité et produisent une couleur intense et vibrante.

Le cadmium est-il toxique ?

Le cadmium est un métal lourd et toxique, mais les pigments de cadmium ne sont pas classés comme dangereux pour l’utilisation selon la classification européenne (CE). En fait, au début du XXᵉ siècle, il est devenu un substitut naturel au vermillon, pigment distinctif mais toxique. La quantité de cadmium soluble dans ces pigments est si faible qu’elle ne présente pas plus de risque en cas d’ingestion ou d’inhalation que d’autres types de pigments. Ainsi, bien que les pigments de cadmium soient réglementés pour certaines applications, cela ne s’applique pas aux couleurs pour artistes.

Une touche de couleur

Le rouge de cadmium apporte luminosité, force, chaleur, opacité et une pointe de passion à toute œuvre d’artiste. Il est un incontournable depuis le XIXᵉ siècle, utilisé par Claude Monet comme par Edvard Munch. Aujourd’hui encore, il demeure une alternative fiable au vermillon, qu’il soit naturel ou synthétique, et une couleur essentielle pour créer des œuvres audacieuses et captivantes.

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