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Réimaginer les archives de Winsor & Newton avec Antonia Figueiredo

Nous avons invité Antonia à réinventer des carnets issus des archives historiques de Winsor & Newton. Publiés pour la première fois entre 1850 et 1890, ces « shilling books » (livres à un shilling) proposaient des conseils sur diverses techniques artistiques traditionnelles. Dans sa réinterprétation contemporaine, Antonia mêle passé et présent en utilisant les couleurs et matériaux Winsor & Newton d'aujourd'hui.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre pratique ?

Je m'appelle Antonia Figueiredo, une peintre autodidacte née au Brésil. Après avoir vécu quelques années à Lisbonne, je vis désormais à Tallinn, en Estonie. Mon travail est très ludique et vibrant, mêlant acrylique, pastel gras et collage sur toile, superposant des tons et des textures organiques à des couleurs éclatantes, et confrontant des formes classiques ou du quotidien à une iconographie pop et à du texte. Sous la surface, j'explore généralement des thèmes plus profonds tels que l'emprisonnement, la liberté et la résilience.

Décrivez les images d'archives originales que vous avez choisi de réinterpréter.

La source est une illustration d'archive intitulée « Plate III », issue des archives Winsor & Newton. Il s'agit d'une étude anatomique d'un cheval cabré, squelette apparent, avec un cavalier squelettique humain superposé à l'intérieur du corps du cheval, dans la même posture cabrée, comme s'ils étaient saisis en plein mouvement. C'est ce qui a attiré mon attention, cette sensation qu'ils étaient figés en plein mouvement.

Pourquoi les avoir choisies ?

Le motif du cheval m'attire beaucoup depuis le début de l'année, donc quand je suis tombée sur cette image, il m'a semblé naturel de la réinterpréter. Il y avait aussi quelque chose dans leur position, la construction de la scène était vraiment intrigante. Dès que j'ai vu cette planche dans les archives, l'image de ce que je voulais peindre m'est apparue presque immédiatement.

Comment avez-vous abordé le projet et quel a été votre processus ?

Je commence toujours par un rendu numérique. À partir de là, j'ai posé la première base à l'acrylique, puis j'ai tout construit par-dessus à l'huile, ce qui a donné à la peinture une profondeur et des couches bien plus riches que ce que l'acrylique seule aurait pu offrir.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

La principale difficulté a été d'apprendre à utiliser la peinture à l'huile tout en l'utilisant ! C'était la première fois que je travaillais à l'huile, et plutôt que de m'arrêter pour regarder des tutoriels, j'ai choisi d'apprendre en avançant. C'est un sentiment à double tranchant, entre découverte et confusion, mais au final, je trouve que ça fonctionne vraiment bien.

Quels ont été vos matériaux et couleurs préférés ?

La peinture à l'huile, sans hésitation ! Découvrir à quel point elle apportait de la profondeur et de la richesse à l'œuvre était tellement excitant ! Côté couleurs, j'ai adoré jouer avec les bleus du cheval squelette face au fond brun chaud, avec du rose doux et du jaune pâle pour garder de la légèreté dans la pièce !

Y a-t-il quelque chose dans ce projet que vous avez trouvé surprenant ?

Ça a été une immense surprise de voir à quel point j'ai fini par adorer la peinture à l'huile. C'est un médium qui m'a toujours beaucoup intimidée ! Je suis vraiment reconnaissante que ce projet m'ait donné l'occasion de l'explorer, et il se pourrait bien que je réoriente désormais toute ma pratique autour de celui-ci.

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