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À travers les yeux de Matthieu Livrieri

Matthieu Livrieri est un peintre français, désormais installé en Belgique, dont le travail saisit des moments intimes et non posés de la vie quotidienne. À travers le dessin et la peinture à l’huile, il crée des scènes figuratives vibrantes, aux perspectives fragmentées et aux couleurs audacieuses et résonnantes. Représentant souvent des personnages plongés dans leur profonde solitude, ses peintures offrent une perception renouvelée de l’espace et du sujet, et connectent le spectateur à son récit visuel singulier.

Pouvez-vous vous présenter, s’il vous plaît?

Je m’appelle Matthieu Livrieri. Je viens de France, de Grenoble, et je suis peintre vivant en Belgique.

Quel est le principal axe de votre travail?

Je me concentre sur les moments de la vie quotidienne. C’est très important pour moi. Je trouve l’inspiration dans les instants où les gens sont simplement eux-mêmes. Je dessine les personnes sans qu’elles sachent que je les observe. Les personnes que je dessine sont dans une posture naturelle et elles ne cherchent pas à renvoyer une image.

Pourquoi l’idée de moments naturels, non posés, est-elle importante pour vous?

Nous vivons dans une société où l’on cherche à renvoyer une belle image. On prend des photos en souriant, mais non, ce n’est pas comme ça tout le temps. Parfois, on est seul. Parfois, on est triste. Parfois, on est juste là où l’on est, simplement avec soi-même. Pour moi, ce n’est pas de la tristesse. La tristesse, c’est juste être avec soi, avec soi-même.

Où trouvez-vous souvent l’inspiration?

Les moments les plus inattendus se produisent souvent lorsque je rends visite à quelqu’un pour la première fois et que je découvre ses plantes. C’est un sujet que j’aime vraiment peindre. Ensuite, l’espace de vie des gens, comme une cuisine avec de la vaisselle non lavée. Et je veux créer des peintures où les gens peuvent apparaître, peut-être seuls ou perdus, mais simplement parce qu’ils sont dans l’instant, avec eux-mêmes.

 

Pouvez-vous décrire la perspective de vos peintures?

Dans mes peintures, il y a une perspective fragmentée. Il y a donc une perception d’un lieu où nous vivons, en mouvement avec la mémoire. Et je suis né avec un œil aveugle, donc j’ai une perception de l’espace différente. À travers mon travail, je veux dire que nous avons tous des perceptions différentes des objets et des lieux. J’utilise deux médiums : le crayon de couleur et la peinture à l’huile.

Avec quels médiums travaillez-vous?

Pour moi, ce sont deux techniques très différentes, car j’ai commencé ma pratique artistique avec le crayon, et cela a été assez révélateur. Avec le crayon de couleur, il est très facile de voyager. La peinture est complètement différente. Je prends plus de temps pour peindre. On peut ajouter couche après couche. Et pour moi, une peinture n’est jamais vraiment terminée.

Quelle importance a la couleur dans votre travail?

La couleur est très importante. Et j’aime quand les couleurs se confrontent et résonnent entre elles. Elles sont un outil puissant pour toucher les gens.

Avez-vous une couleur préférée ou une palette fixe?

Ma palette de couleurs évolue constamment. Je choisis simplement des couleurs vibrantes. Je n’ai pas de couleur préférée. J’essaie de créer des scènes vibrantes en silence.

Comment utilisez-vous l’espace dans une peinture?

Certains espaces dans la peinture sont vides, et d’autres sont remplis d’objets et de coups de pinceau. J’essaie de jouer avec ce contraste – silence et vibration.

Quels artistes ou mouvements vous ont le plus influencé?

Depuis mon plus jeune âge, je suis fasciné par les peintres fauves et les expressionnistes allemands. C’est une grande passion pour moi.

Y a-t-il une œuvre spécifique qui continue de vous inspirer?

Oui, je viens de Grenoble, et au Musée de Grenoble se trouve un chef-d’œuvre de Matisse, Intérieur aux aubergines. C’est une peinture qui résonne encore tout le temps avec mon travail.

La visitez-vous encore?

Chaque fois que je retourne dans ma ville natale, je vais voir cette peinture. Je vais saluer Intérieur aux aubergines.

Pourquoi Matisse est-il une référence si importante pour vous?

Matisse est une grande référence pour moi parce qu’il joue avec la couleur, il joue avec les motifs, il cherche à faire vibrer l’espace et à le transformer.

 

Que pensez-vous de la solitude en tant qu’artiste?

Je pense qu’un artiste passe beaucoup de temps seul à peindre dans son atelier, et ce n’est pas si mal, puisque nous communiquons tout le temps avec les autres. Il est important d’avoir des moments de silence, quand on est seul avec soi-même.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre solitude et connexion?

Il est important d’avoir des moments de solitude, du temps avec soi-même, où l’esprit peut vagabonder. Mais il est essentiel de ne pas se refermer – de se reconnecter avec les gens, avec d’autres artistes, et de sortir de sa zone de confort.

Avez-vous une routine de travail quotidienne?

Oui. Le matin, je dessine. Dans la journée, je vais à l’atelier à 13 heures et j’y reste jusqu’à 21 heures. Je fais cela toute la semaine.